La rumeur trans sur Brigitte Macron arrive en cassation le 10 novembre
La Cour de cassation examinera le 10 novembre 2026 le pourvoi de Brigitte Macron. La relaxe en appel ne valide pas la rumeur : elle porte sur la qualification juridique des propos, pas sur leur véracité.
Par Ludivine Yael · Publié le · Mis à jour le
La Cour de cassation examinera le 10 novembre 2026 le pourvoi en cassation de Brigitte Macron. Le pourvoi vise l'arrêt de relaxe rendu en appel en juillet 2025. L'arrêt a retenu la bonne foi. Il ne statue pas sur la véracité de la rumeur.
Une audience sans effet sur les faits
Selon la cour d'appel de Paris, cette imputation ne suffisait pas à caractériser une diffamation. Elle concernait une transition de genre dissimulée.
Cette relaxe ne valide pas la rumeur transphobe. Elle porte sur la qualification juridique des propos, pas sur leur véracité. Les limites du droit face aux infox restent posées, comme après l'arrêt Shipova sur les papiers d'identité trans.
Le tribunal correctionnel avait condamné les deux prévenues en septembre 2024, avant l'infirmation en appel.
Une rumeur née en 2021
Fin 2021, une vidéo YouTube de plus de quatre heures propage une allégation infondée. Natacha Rey y affirmait que Brigitte Macron serait née homme, sous l'identité de son frère Jean-Michel Trogneux.
La fausse rumeur s'appuie sur une mécanique transphobe : l'idée qu'être une femme trans serait infamante. Un ressort combattu localement, la mairie de Lyon contre la transphobie en mairie.
Jean-Michel Trogneux est le frère de Brigitte Macron. Il est partie civile dans la procédure. Son nom n'est pas l'identité de naissance de la Première dame, comme le soutient l'infox.
Chronologie judiciaire
- Septembre 2024 : condamnation pour diffamation devant le tribunal correctionnel de Paris.
- 500 euros d'amende avec sursis sont prononcés contre chacune des deux femmes.
- 8 000 euros de dommages et intérêts sont accordés à Brigitte Macron.
- 5 000 euros le sont à Jean-Michel Trogneux.
- 10 juillet 2025 : la cour d'appel de Paris relaxe les deux prévenues.
- Sur les 18 propos poursuivis, la majorité ne relevait pas de la diffamation.
- Pour le seul passage sur un « détournement de mineur », la bonne foi a été retenue.
- : leur avocat, Me Jean Ennochi, annonce le pourvoi.
- Le parquet a également formé un pourvoi.
Ce que cette affaire dit de la transphobie
La relaxe de juillet 2025 a suscité des interprétations erronées. Certains ont cru que la justice validait la rumeur. C'est faux : la cour a statué sur la qualification des propos, pas sur leur véracité.
Le documentaire La fabrique du mensonge rapporte des réactions de la journaliste Ava Djamshidi. Closer cite ses propos le 16 octobre 2026 :
On sait juste que c'est destiné à blesser et atteindre une femme dans ce qu'elle peut avoir de plus intime. C'est honteux et c'est un peu triste aussi.
Ava Djamshidi, citée par Closer le 16 octobre 2026
Ces mots résument l'impact de l'affaire : les procédures disent le droit, pas la souffrance causée par les rumeurs.
Une audience attendue le 10 novembre
L'audience du 10 novembre 2026, annoncée par Ouest-France, ne tranchera pas la véracité de la rumeur. La chambre criminelle jugera l'application du droit, notamment sur la qualification des propos transphobes.
Si l'avis de cassation partielle attribué au parquet général par Ouest-France était suivi, une nouvelle étape judiciaire suivrait. Le débat repasserait devant les juges, cinq ans après la circulaire trans contestée devant le ministère.
Pour aller plus loin
Sources
- https://www.franceinfo.fr/politique/emmanuel-macron/brigitte-macron/deux-femmes-sont-relaxees-par-la-justice-alors-qu-elles-avaient-diffusee-des-rumeurs-sur-brigitte-macron-transgenre_7369219.html
- https://lessurligneurs.eu/non-la-relaxe-des-deux-femmes-poursuivies-pour-diffamation-ne-confirme-pas-leur-theorie-de-transidentite-de-brigitte-macron/
Je couvre les sujets LGBT+ pour Essenciel. Jesuis les actualités politiques, sociales et culturelles liées à la communauté depuis Lyon. Mes articles traitent aussi des enjeux locaux en Auvergne-Rhône-Alpes. J'interviens régulièrement sur les questions de droits et de représentations.
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