Au Sénégal, la peur de la loi homophobe éloigne les LGBT+ du dépistage VIH
Au Sénégal, la loi qui double les peines pour relations entre personnes de même sexe pousse à éviter le dépistage du VIH, selon Human Rights Watch et l'ONUSIDA.
Par Ludivine Yael · Publié le
Le Sénégal a promulgué une loi qui durcit la répression de l'homosexualité. L'Assemblée nationale l'avait adoptée le 11 mars 2026. Le président Bassirou Diomaye Faye l'a signée le 30 mars.
Le texte a été voté par 135 voix pour, aucune contre et trois abstentions, selon RFI. Il est paru au Journal officiel, le bulletin qui publie les lois, le 31 mars.
Les relations entre personnes de même sexe encourent désormais 5 à 10 ans de prison.
Auparavant, la peine allait de 1 à 5 ans. La peine maximale de 10 ans s'applique quand un mineur est en cause.
La loi punit la « promotion » et l'« apologie » de l'homosexualité et de la bisexualité. Elle vise aussi la transidentité, c'est-à-dire le fait de ne pas correspondre au genre assigné à la naissance.
Elle sanctionne également le financement et le soutien à ces orientations et identités. Les amendes passent de 2 à 10 millions de francs CFA, soit environ 3 000 à 15 000 euros.
Cette répression pèse aussi sur la santé des personnes concernées. Selon Human Rights Watch, la peur d'être arrêtées et la stigmatisation poussent à éviter le dépistage du VIH. Elles poussent aussi à éviter le traitement.

ONUSIDA, le programme des Nations unies contre le sida, affirme que punir ces relations éloigne les personnes des soins.
Selon Human Rights Watch, l'homosexualité est réprimée au Sénégal depuis 1965. L'organisation ajoute que le président et le Premier ministre Ousmane Sonko s'étaient engagés à renforcer la loi en 2024.
Selon la FIDH, la Fédération internationale pour les droits humains, la loi viole les obligations internationales du Sénégal. Pour elle, le texte expose les personnes LGBT+ à la stigmatisation et aux arrestations arbitraires.
Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk, a qualifié la loi de « profondément préoccupante ». L'ONU avait demandé au président de ne pas la promulguer.
Le gouvernement sénégalais présente le texte comme un « garde-fou » contre les dénonciations calomnieuses, c'est-à-dire les accusations mensongères. La loi punit aussi les fausses accusations.
D'autres pays avancent dans l'autre sens. l'Ukraine a inscrit les droits LGBT+ dans sa stratégie nationale.
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Pour aller plus loin
Sources
- https://www.fidh.org/fr/regions/afrique/senegal/senegal-la-loi-discriminatoire-contre-les-personnes-lgbt-ne-doit-pas
- https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260331-s%C3%A9n%C3%A9gal-bassirou-diomaye-faye-promulgue-une-loi-doublant-les-peines-%C3%A0-l-encontre-des-homosexuels
- https://www.hrw.org/fr/news/2026/10/12/senegal-une-repression-brutale-bafoue-les-droits-des-personnes-lgbt
Je couvre les sujets LGBT+ pour Essenciel. Jesuis les actualités politiques, sociales et culturelles liées à la communauté depuis Lyon. Mes articles traitent aussi des enjeux locaux en Auvergne-Rhône-Alpes. J'interviens régulièrement sur les questions de droits et de représentations.
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