Dans la communauté gay, on se classe en ours, loutres ou loups
Ours, loutre, loup ou twink : ces mots d'animaux découpent la communauté gay en tribus. Nés dans l'argot, ils décrivent un corps et servent de cases sur les applications.
Par Wilfried Carbonell · Publié le
Ours, loutre, loup ou twink. Dans la communauté gay, ces mots d'animaux désignent des sous-groupes appelés « tribus ». Ils décrivent un corps, une pilosité, un âge. Ils servent à se présenter sur les applications de rencontre.
L'« ours » (« bear ») est un homme gay à la pilosité fournie. Il est souvent corpulent, barbu et d'apparence masculine. La « loutre » (« otter ») est plutôt mince ou élancée, avec une pilosité visible sur le torse.
Le « twink », ou « minet », est un jeune adulte gay à l'apparence juvénile et imberbe.
Le « loup » (« wolf ») est un homme musclé, poilu sans excès.
Le « silver wolf » désigne les plus âgés. D'autres mots existent : « hunk », « jock » ou « gym rat ». Ils désignent ceux qui sculptent leur corps.
La communauté bear est née aux États-Unis dans les années 1970. L'origine exacte de ce vocabulaire reste floue et difficile à dater. D'après Wikipédia, la première trace écrite du mot « bear » remonterait à 1966.
Le terme a été popularisé à la fin des années 1980 par Richard Bulger et Chris Nelson. Ce dernier a fondé le magazine Bear Magazine en 1987. Le drapeau bear a été créé par Craig Byrnes en 1995, qui n'est pas l'auteur du terme.

Les applications ont amplifié le phénomène.
Grindr, application de rencontre, propose de choisir sa « tribu » à la création du profil. Avec les smartphones, des applications spécialisées comme Growlr ou Bear411 ont pris le relais.
Alexandre Lanz est rédacteur en chef du magazine romand 360. Au début des années 2000, les premiers sites de rencontre ont servi à se décrire par ses affinités.
Il décrit aussi une « hiérarchisation ». Pour lui, les ours et les hommes musclés seraient « tout en haut de cette pyramide ».
Selon le site de rencontre Bearwww, ces labels ne sont pas des règles. Personne n'est tenu de se reconnaître dans une tribu. Être loutre n'est « pas mieux » qu'être bear, twink, chub, daddy ou cub.
Ces mots, nés dans l'argot, sont devenus des cases sur les applications. Ils servent de repères pour se décrire. Ils témoignent de la façon dont la culture gay nomme ses différences.
Lyonnais depuis 11 ans, j’ai créé et dirigé un site de rencontres LGBT+ pendant 16 ans, avant de prendre les rênes du XS bar. Toujours en contact avec les acteurs du milieu, je mets mon expérience et mon réseau au service de mon commerce dans la Presqu’île, où inclusion, convivialité et engagement sont au cœur de mon projet.
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