Les applications de rencontres occupent le cœur de la sociabilité gay. En 2026, Grindr reste la plus utilisée au monde. Chiffres, lien avec la fermeture des bars, santé mentale : état des lieux.
Grindr en tête, une croissance qui continue
Statista recense 14,7 millions d'utilisateurs actifs sur Grindr en 2024. Le compteur spécialisé SwipeStats évalue la communauté active à environ 15 millions de personnes dans plus de 190 pays en 2026.
Côté finances, Grindr Inc. annonce une croissance de 28 % de son chiffre d'affaires sur l'exercice 2025 et vise plus de 528 millions de dollars en 2026. Au premier trimestre 2026, la société déclare 38 % de croissance et 27 millions de dollars de bénéfice net.
Son concurrent Hornet revendique plus de 100 millions d'inscrits. Ce chiffre est publié par l'entreprise elle-même, sans mesure indépendante.
En France, l'observatoire de l'institut IFOP sur la rencontre en ligne documente une normalisation de ces usages et une progression des rencontres éphémères, toutes orientations confondues.
Un lien documenté avec la fermeture des bars
Aux États-Unis, le géographe Greggor Mattson a compté les annonces de bars gays dans les annuaires professionnels : plus de la moitié des établissements recensés en 2012 avaient disparu en 2021. Une autre étude relève un recul de 37 % des listings entre 2007 et 2019.
La responsabilité des applications est débattue. Dans une tribune publiée par Libération le 11 mars 2026, l'écrivain Erik Rémès résumait : « la communauté se scrolle, elle ne se rencontre plus ». Loyers et pression immobilière figurent parmi les autres causes documentées. Aucune étude n'attribue un pourcentage de fermeture aux applications.
Le cas lyonnais
À Lyon, la Ruche, ouvert en 1994 au 22 rue Gentil (Lyon 2e), présenté comme le plus ancien bar gay de la ville par le site MisterB&B, a fermé. Les guides internationaux Travel Gay et Rainbow Index affichent tous deux la mention fermé.
L'office de tourisme Visit Lyon consacre une page entière à l'offre LGBT+ de la ville. Aucune donnée locale publique ne mesure l'usage des applications à Lyon : cette absence est signalée plutôt que comblée.
Santé mentale : le revers documenté
Une enquête relayée par le média Konbini rapporte que 80 % des utilisateurs actuels de Grindr estiment que l'application affecte négativement leur santé mentale, et que 65 % reconnaissent un usage qu'ils jugent excessif.
Une revue d'études indexée sur PubMed Central, la bibliothèque médicale américaine, recense anxiété, pression esthétique et ghosting, rupture de contact sans explication, chez les hommes utilisateurs d'applications.
L'intelligence artificielle comme relais
Dans ses communiqués de résultats, Grindr Inc. présente l'intelligence artificielle comme levier de croissance pour 2026. La presse financière, dont Boursorama, relaie cette orientation.
Reste un équilibre fragile : outils de visibilité pour la communauté LGBT+, les applications sont aussi désignées parmi les causes du recul des lieux associatifs, sans que les chercheurs tranchent.