Au Brésil, le modèle VIH face aux inégalités des personnes trans et gays noires
Longtemps cité en exemple contre le VIH, le Brésil fait face à des inégalités : le ministère reconnaît des écarts, AIDES décrit des personnes trans et gays noires particulièrement touchées.
Par Ludivine Yael · Publié le · Mis à jour le
La 26e Conférence internationale sur le sida (AIDS 2026) s'est tenue à Rio de Janeiro, au Brésil, fin juillet 2026. Elle était organisée par l'International AIDS Society (IAS) avec la Fiocruz, institut public de recherche brésilien. Le pays, longtemps cité en exemple contre le VIH, y a été regardé de près.
La Fiocruz compte 7 000 participants. L'IAS parle d'environ 7 500 personnes, sur place et en ligne. Les deux chiffres diffèrent : chacun vient de son organisme. Retrouvez d'autres actualités internationales LGBT+ sur L'ESSENCIEL.
Un système public qui fournit les traitements
Le modèle brésilien repose sur le Sistema Único de Saúde (SUS), le système public de santé universel du pays. Il fournit les traitements contre le VIH. Selon le reportage publié le 27 octobre 2026 par l'association AIDES, les antirétroviraux sont gratuits, un droit inscrit dans la Constitution de 1988.
La Fiocruz indique qu'elle fournit dix antirétroviraux au SUS. Le 18 décembre 2025, l'Organisation panaméricaine de la santé (OPAS) a annoncé la certification du Brésil par l'OMS pour l'élimination de la transmission du VIH de la mère à l'enfant.
Des inégalités qui persistent
Le ministère de la Santé brésilien reconnaît des inégalités régionales et sociales, un diagnostic tardif et des pertes de suivi. AIDES décrit des nouvelles infections concentrées chez les personnes exposées aux discriminations. Son reporter, Fred Lebreton, écrit que les jeunes hommes gays noirs et les personnes trans sont particulièrement touchés. Ce passage n'est pas chiffré. Retrouvez toute l'actualité de la communauté LGBT+.

Le ministère donne des chiffres dans son bulletin épidémiologique 2025, aux données préliminaires. En 2024, 59,7 % des infections à VIH notifiées concernent des personnes noires. La part des personnes blanches est passée de 49,0 % jusqu'en 2014 à 36,8 % en 2024. Le document attribue cette évolution aux inégalités structurelles.
Les débats en cours
Veriano Terto Jr défend, dans le reportage d'AIDES, la licence obligatoire pour des versions moins chères du lénacapavir. Il dit que le laboratoire Gilead continue de demander des prix très élevés. Gilead n'est pas cité dans ce reportage.
Luciana Kamel déplore l'absence de politique publique sur le chemsex, la consommation de drogues pendant des rapports sexuels.
Selon la Fiocruz, le ministre de la Santé Alexandre Padilha a indiqué que la PrEP injectable de longue durée est en cours d'évaluation pour entrer dans le SUS. La PrEP est un traitement préventif contre le VIH. La Conitec, l'organisme chargé de l'analyse, devait l'examiner en août 2026. La décision finale n'est pas connue.
Pour aller plus loin
Sources
- https://www.aides.org/actualite/remaides-vih-bresil-inegalites
- https://agencia.fiocruz.br/aids-2026-debate-prevencao-financiamento-e-acesso-equitativo
- https://www.gov.br/saude/pt-br/centrais-de-conteudo/publicacoes/boletins/epidemiologicos/especiais/2025/boletim-epidemiologico-de-hiv-e-aids-numero-especial-dez-2025.pdf
Je couvre les sujets LGBT+ pour Essenciel. Jesuis les actualités politiques, sociales et culturelles liées à la communauté depuis Lyon. Mes articles traitent aussi des enjeux locaux en Auvergne-Rhône-Alpes. J'interviens régulièrement sur les questions de droits et de représentations.
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