La Cour suprême bloque la fin des soins des détenus trans
La Cour suprême des États-Unis laisse en vigueur l'injonction qui empêche les prisons fédérales de mettre fin aux soins des détenus trans.
Par Ludivine Yael · Publié le
Le 21 octobre 2026, la Cour suprême des États-Unis a refusé de laisser l’administration Trump appliquer une politique. Cette politique restreignait les soins médicaux pour les détenus trans dans les prisons fédérales.
Par une ordonnance sans explication écrite, la Cour a maintenu en vigueur l’injonction d’un juge fédéral. Une injonction est une décision de justice qui interdit d’agir en attendant le jugement final. Elle bloque donc la fin des chirurgies, des traitements hormonaux et des aménagements sociaux pour les personnes trans incarcérées.
Cette décision ne tranche pas la légalité de la politique, mais empêche son application immédiate.
La mesure visée émane du Bureau fédéral des prisons (BOP). C’est une agence gouvernementale américaine chargée de la gestion des prisons fédérales.
Elle prévoyait de mettre fin aux soins d’affirmation de genre. Elle visait les détenus diagnostiqués avec une dysphorie de genre. Ces soins sont des traitements médicaux qui alignent le corps d’une personne trans sur son genre ressenti.
La dysphorie de genre désigne une détresse liée à l’écart entre le genre ressenti et le sexe assigné à la naissance.
Pour en savoir plus sur les droits des personnes trans, consultez notre dossier. La politique du BOP découlait d’un décret signé par Donald Trump en janvier 2025.
Une décision judiciaire en plusieurs temps
Le juge fédéral Royce Lamberth, nommé par Ronald Reagan, avait bloqué cette politique en juin 2026. Sa décision, confirmée par un ordre en août, a été maintenue par la cour d’appel du district de Columbia.
La Cour suprême a rejeté la demande en urgence de l’administration Trump. Elle n’a pas expliqué sa position. Seuls les juges Clarence Thomas et Samuel Alito auraient soutenu cette demande.
Elle ne règle pas le fond du litige. Celui-ci se poursuit devant les juridictions inférieures. Ce sont les tribunaux de première instance et d’appel.
Pour comprendre les enjeux de la santé en prison, consultez notre article.
Combien de détenus sont concernés ?
Le nombre de détenus trans affectés par cette politique reste flou. Les estimations varient selon les sources :
- Environ 600 détenus recevaient des hormones en 2025, selon les dossiers du BOP rapportés par l’Associated Press.
- L’American Civil Liberties Union (ACLU), une organisation de défense des droits civiques, évoque 800 prescriptions et plus de 2 000 personnes trans concernées.
- D’autres sources citent près de 1 000 détenus, sans préciser leur méthodologie.
Aucun décompte officiel n’est cité par les médias consultés. Selon NPR, seule source à le rapporter, le BOP aurait cessé de publier des données sur les détenus trans depuis 2025. Cette information n’est pas confirmée ailleurs. La page de statistiques du BOP ne distingue que les hommes et les femmes : 152 453 détenus au 16 octobre 2026, dont 9 779 femmes.
Ce que cela change et ce qui reste en suspens
La décision de la Cour suprême ne met pas fin au litige. Elle bloque temporairement l’application de la politique du BOP, mais ne se prononce pas sur sa légalité. Le débat se poursuit devant les tribunaux inférieurs, et l’issue finale reste incertaine.
Pour les détenus trans, l’injonction reste donc en vigueur pour l’instant. Les soins visés comprennent notamment les hormones, que le BOP fournit depuis 1992 selon les avocats des détenus.
Les juges Clarence Thomas et Samuel Alito auraient pourtant accordé la demande de l’administration. Le litige se poursuit devant les juridictions inférieures.
Pour suivre les actualités internationales, consultez notre rubrique.
Pour aller plus loin
Sources
- https://www.npr.org/2026/10/21/nx-s1-5993878/supreme-court-trump-trans-prison-policy
- https://www.cbsnews.com/news/supreme-court-trump-gender-affirming-care-transgender-inmates/
Je couvre les sujets LGBT+ pour Essenciel. Jesuis les actualités politiques, sociales et culturelles liées à la communauté depuis Lyon. Mes articles traitent aussi des enjeux locaux en Auvergne-Rhône-Alpes. J'interviens régulièrement sur les questions de droits et de représentations.
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