Le plan local 2024-2026 pour l'égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ a été signé le 12 novembre 2024 à la préfecture du Rhône. La préfète de région Auvergne-Rhône-Alpes, préfète du Rhône, Fabienne Buccio, l'a signé avec le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, le maire de Lyon, Grégory Doucet, le maire de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael, la vice-présidente de la Métropole de Lyon, Michèle Picard, le Centre LGBT+ de Lyon et plusieurs associations, dont CARGO, SOS Homophobie et Mémoires Minoritaires.
Le plan comporte 38 actions, organisées en six thématiques, chacune animée par un groupe de travail : éducation, sport, culture, lutte contre les vulnérabilités et santé, accompagnement des victimes, communication et actions transverses. Ces actions ont été élaborées à partir des contributions de groupes de travail locaux réunis de septembre 2023 à janvier 2024.
Il succède au plan 2020-2023, signé le 11 février 2020, qui comptait 52 actions contre les violences anti-LGBT+. Arrivé à échéance fin 2026, le plan local s'achève en parallèle du lancement du plan national 2026-2029, le 25 juillet 2026.
Un suivi annuel promis
La convention prévoit un suivi : deux réunions annuelles par thématique et une réunion plénière annuelle avec tous les signataires, afin d'évaluer les dispositifs mis en place au regard des indicateurs définis.
La Maison de la Diversité, une action aboutie
Sur les 38 actions, une au moins a abouti de façon publiquement vérifiable. La Maison de la Diversité, résidence pour personnes âgées LGBT+, a ouvert à l'automne 2025 au 65 rue de Belfort, à la Croix-Rousse, dans le 4e arrondissement de Lyon.
Présentée par l'association et les médias comme la première résidence de ce type en France, elle est portée par Les Audacieuses & Les Audacieux, qui mènent le projet depuis cinq ans. Elle a été inaugurée le 9 octobre 2025, le jour de l'entrée de Robert Badinter au Panthéon. La résidence livrée compte 14 logements et un appartement étudiant, soit 15 occupants : 14 personnes âgées et un jeune.
La convention 2024-2026 l'inscrit comme son action 20, avec le soutien de la Ville de Lyon. Le plan n'a pas créé la résidence : le projet associatif lui est antérieur.
Aucun bilan public, aucun budget chiffré
Aucun bilan public, document d'évaluation ou relevé de décision du plan local 2024-2026 n'a été trouvé dans les documents consultés. La convention ne chiffre aucun budget : elle définit des indicateurs, mais aucune enveloppe financière globale.
Ce contraste n'est pas propre au Rhône. À l'échelle nationale, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a évalué le plan 2023-2026 à « à peine 20 % » de mesures mises en œuvre, les deux tiers n'étant pas réalisées ou ne l'étant que de façon insuffisante.
Des chiffres déclaratifs, deux métriques distinctes
Selon la préfète Fabienne Buccio, 97 faits anti-LGBT+ ont été rapportés en 2024 dans le Rhône, contre 142 en 2023, soit une baisse de 32 % en un an. Ce chiffre, déclaré par les autorités, ne compte pas les victimes qui ne se déclarent pas.
Lyon Mag avance une autre métrique : une baisse de 23 % des actes signalés depuis la mise en place du premier plan en 2020. Les deux chiffres ne se confondent pas : l'un mesure l'évolution annuelle, l'autre l'évolution cumulée depuis 2020.