En 2018, le Centre LGBTI+ de Lyon, situé 19 rue des Capucins, dans le 1er arrondissement, accueillait un centre de ressources associant bibliothèque et fonds d’archives. Huit ans plus tard, le Centre présente une commission Archives & Mémoires, chargée de recueillir, conserver et valoriser affiches, documents, objets, photographies, témoignages et récits personnels.
Le projet ne part pas de zéro. Dans un reportage publié le 30 mars 2018, Hétéroclite décrivait la création d’une commission « bibliothèque et archives » et d’un fonds destiné à recevoir les traces du militantisme LGBT+ lyonnais. Le média recensait alors 1 200 ouvrages, ainsi qu’environ 500 périodiques, parmi lesquels des collections de Gai Pied, Masques et Lesbia Magazine.
Au moins 416 ouvrages de plus depuis 2018
La bibliothèque du Centre indique aujourd’hui compter plus de 1 616 ouvrages en 2024. Comparé aux 1 200 ouvrages recensés par Hétéroclite en 2018, cela représente au minimum 416 titres supplémentaires.
Cette hausse ne permet pas, à elle seule, de mesurer la taille du fonds d’archives : le Centre ne publie pas de décompte distinct des affiches, photographies, documents militants et témoignages qu’il conserve.
La page actuelle de la commission invite les personnes qui le souhaitent à déposer des archives, partager un témoignage ou participer à leur classement et à leur valorisation.
Elle ne précise ni le volume déjà recueilli, ni les conditions de dépôt, de consultation ou de numérisation. Ces éléments devront être documentés par le Centre pour établir l’état précis du fonds en 2026.
Une mémoire portée par les associations
Le fonds associe les supports de la bibliothèque aux archives de la vie associative. Le Pôle Culture et Événementiel du Centre indique que ses bénévoles coordonnent une bibliothèque et une DVDthèque comprenant livres, magazines, DVD et archives de magazines, consultables sur place ou empruntables.
La bibliothèque du Centre participe aussi au réseau Big Tata. En mai 2023, Hétéroclite relevait sa présence aux rencontres de ce réseau, consacré à la préservation des mémoires LGBT+ et féministes. La même année, le média avait annoncé un après-midi littéraire queer organisé avec la bibliothèque du Centre, signe que le fonds était également mobilisé pour des rendez-vous publics.
Des fonds complémentaires à Lyon
Le Centre LGBTI+ ne constitue pas le seul lieu de conservation des mémoires liées au genre et aux sexualités dans la métropole. À la Bibliothèque municipale de Lyon, 30 boulevard Vivier-Merle, dans le 3e arrondissement, le centre de ressources sur le genre, le Point G, rassemble livres, acquisitions et archives.
La bibliothèque municipale précise que ses archives sont en cours d’indexation et partiellement consultables.
Les deux démarches n’ont pas le même rôle. Le Point G s’inscrit dans une institution publique de conservation. Au Centre LGBTI+, les archives sont liées à l’histoire des associations et aux personnes qui les ont produites. Le travail annoncé par la commission Archives & Mémoires pose désormais une question concrète : comment rendre cette mémoire consultable tout en respectant les personnes, les documents et leur contexte de production ?