Vendredi 21 août 2026, le tribunal correctionnel de Saint-Étienne a condamné deux hommes de 19 et 29 ans à six mois de prison avec sursis. Ils étaient accusés de violences en réunion pour l'agression du 12 juillet devant le ZanzyBar. Le parquet avait retenu un mobile homophobe, mais le tribunal a refusé cette qualification.
Les faits
Dans la nuit du 11 au 12 juillet 2026, vers 1 heure du matin, une Audi blanche roule à vive allure devant le ZanzyBar, 44 rue de la Résistance. Un client frappe la portière. Les deux occupants du véhicule descendent et frappent les clients du bar.
Hervé Divet, gérant du bar, raconte : trois personnes sont sorties et ont "tabassé" ses clients pendant six à huit minutes, leur lançant même des verres. Trois victimes sont blessées : un client (six jours d'ITT), le fils d'un habitué (un jour) et le neveu d'un client, aussi serveur du bar (deux jours). Les plaignants et des témoins affirment avoir entendu des insultes homophobes pendant l'agression.
Les deux auteurs, identifiés grâce à la plaque d'immatriculation, ont été interpellés puis mis en examen pour violences aggravées en raison de l'orientation sexuelle des victimes. Le parquet de Saint-Étienne avait retenu cette qualification dès le 13 juillet.
Le rejet du mobile homophobe
Vendredi, à l'audience, les prévenus ont nié les insultes homophobes. Ils ont aussi assuré ignorer que le ZanzyBar était un bar LGBT+. L'un d'eux a lancé : "C'est quoi un pédé ? Je ne sais pas, moi."
Pour le tribunal, les insultes homophobes n'ont pas été prouvées. "Parole contre parole", a-t-il estimé, avant de rejeter la circonstance aggravante. Les faits ont donc été requalifiés en simples violences en réunion.
L'avocate des parties civiles avait évoqué "une expédition punitive" contre la communauté gay. La défense a rétorqué que "les prévenus ont simplement gêné un petit monde qui était en train de faire la fête."
"Purement scandaleux" pour le gérant
Hervé Divet, gérant du ZanzyBar, a réagi après le verdict : "Que la justice n'ait pas la capacité de reconnaître cette affaire comme homophobe, c'est purement scandaleux. On a l'impression que la justice ne veut pas voir la réalité en face." Il souligne que le bar, rouvert en mai 2024 après des années de fermeture, reste le seul établissement LGBT+ de Saint-Étienne.
"C'est un signal très négatif pour la communauté LGBT+, a-t-il ajouté. On se sent abandonnés."
Le maire de Saint-Étienne, Régis Juanico, avait apporté son soutien aux victimes après l'agression, en participant à un rassemblement devant le bar. Plus d'une centaine de personnes s'étaient réunies pour dénoncer les violences homophobes.
SOS Homophobie a également réagi, rappelant que les agressions contre les personnes LGBT+ restent fréquentes en France, et que la reconnaissance du mobile homophobe est essentielle pour lutter contre ces violences.