Demandeurs d’asile LGBT+ : pourquoi les recours du Rhône passent par Lyon
Depuis le 12 juin 2026, l'Égypte figure sur la liste des pays d'origine sûrs. Un demandeur d'asile LGBT+ venu d'Égypte doit désormais prouver que son cas fait exception.
Par Ludivine Yael · Publié le
Depuis le 12 juin 2026, l'Égypte figure sur la liste des pays d'origine sûrs. Cette liste est appliquée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Un pays d'origine sûr est un pays que la loi considère comme sûr pour ses propres citoyens.
La liste consolidée de l'Ofpra du 12 juin 2026 compte 19 pays. Elle réunit une liste européenne et une liste française. Cette dernière est fixée par une délibération du conseil d'administration de l'Ofpra du 3 juin 2026.
Le Parlement européen a adopté la liste européenne le 10 février 2026. Le vote compte 408 voix pour, 184 contre et 60 abstentions.
Cette liste compte sept pays : le Bangladesh, la Colombie, l'Égypte, le Kosovo, l'Inde, le Maroc et la Tunisie. Le communiqué ne mentionne aucune exception pour les personnes LGBT+.
Une présomption à renverser
Selon le Parlement européen, un demandeur venu d'un pays de cette liste doit prouver que son cas fait exception.
Le taux de reconnaissance mesure la part des demandes acceptées. Le Parlement européen prévoit aussi des procédures accélérées à la frontière. Elles s'appliquent aux nationalités dont ce taux est inférieur à 20 %, depuis juin 2026.
Des demandes que personne ne compte
L'Ofpra ne chiffre pas les demandes d'asile fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre (OSIG). Dans son focus d'octobre 2026, il écrit :
« S'il n'existe pas de statistiques sur cette demande d'asile, de grandes tendances (…) se dégagent de cet ensemble. »
Ofpra, focus sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre, octobre 2026
Ce document décrit donc des tendances, sans nombre. Les demandes émanent plus souvent d'hommes. Elles concernent plus souvent l'orientation sexuelle que l'identité trans ou intersexe.
Ces données viennent de l'Ilga et de l'Observatoire des inégalités, cités par l'Ofpra. Au total, 65 États membres de l'ONU criminalisent les actes sexuels consentis entre personnes de même sexe.
Ce nombre augmente pour la première fois depuis dix ans. En Afrique, 31 pays sur 54 punissent l'homosexualité. En Asie, ce sont 21 pays sur 42.
Le recours passe par Lyon
La Cour nationale du droit d'asile (CNDA) juge les recours des demandeurs d'asile. La CNDA a créé deux chambres territoriales à Lyon. Leur ressort comprend le Rhône.

Pour une personne installée dans le Rhône, un recours relève donc de ces chambres. Sur le même sujet, voir notre article sur les réfugiés LGBT+ dans le Rhône, trois mois après le pacte européen.
Au niveau national, le rapport d'activité 2025 de la CNDA donne trois chiffres, tous motifs confondus :
- 60 065 recours enregistrés en 2025, en hausse de 6 % sur 2024 ;
- 53 086 décisions rendues, en recul de 14 % ;
- 23,3 % de taux de protection, contre 21,3 % en 2024.
Le taux de protection mesure la part des décisions qui accordent une protection.
Pour l'Égypte, la CNDA a rendu 716 décisions en 2025. Elles comptent 206 statuts de réfugié et 10 protections subsidiaires, une autre forme de protection. Au total, cela fait 216 protections, soit 30 %.
Pour le Bangladesh, la CNDA a rendu 4 418 décisions, avec 17 % de protections. Pour le Maroc, 413 décisions donnent 16 % de protections. Pour la Tunisie, 171 décisions donnent 18 %.
Ces chiffres valent pour toutes les demandes confondues. Ils ne mesurent pas les demandes fondées sur l'OSIG.
Ce que la liste change pour une personne concernée
Selon l'Ofpra, le statut de réfugié peut être accordé « au titre du groupe social ». Pour cela, les allégations doivent être établies. Un groupe social désigne des personnes persécutées pour ce qu'elles sont.
L'Ofpra compte cinq groupes de référents, dont un consacré à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre, depuis 2013. Il requalifie en procédure normale une demande traitée en procédure accélérée, c'est-à-dire plus rapide. Il le fait lorsque les garanties particulières ne sont pas compatibles avec cette procédure.
Pour une personne concernée, la preuve devient donc l'enjeu central. Elle doit démontrer que son cas fait exception, et la procédure peut changer si les garanties le justifient.
L'Ofpra cite aussi des pays « un peu plus représentés » dans ces demandes, sans chiffre. Parmi eux, l'Albanie, le Bangladesh, la Colombie, le Kosovo et la Turquie figurent sur la liste des 19 pays.
Pour suivre les autres sujets LGBT+ venus de l'étranger, lisez nos articles internationaux. Pour les associations LGBT+ de Lyon, consultez les lieux LGBT+ de Lyon.
Pour aller plus loin
Sources
- https://www.cnda.fr/qui-sommes-nous/vie-de-la-cour/chambres-territoriales-nouveautes-a-compter-du-1er-septembre-2026
- https://mesinfos.fr/69000-lyon/la-cour-nationale-du-droit-d-asile-cree-deux-chambres-territoriales-a-lyon-211623.html
- https://www.ofpra.gouv.fr/sites/default/files/2026-06/2026-06-12%20Liste%20consolid%C3%A9e%20POS%20%28UE%20%2B%20FR%29.pdf
Je couvre les sujets LGBT+ pour Essenciel. Jesuis les actualités politiques, sociales et culturelles liées à la communauté depuis Lyon. Mes articles traitent aussi des enjeux locaux en Auvergne-Rhône-Alpes. J'interviens régulièrement sur les questions de droits et de représentations.
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