1 an après, le réseau Angela s'étend aux bibliothèques de Lyon 1
Un an après son extension à Lyon, le réseau anti-harcèlement Demandez Angela continue de grandir : quatre BU de Lyon 1 l'ont rejoint en janvier 2026.
Par Wilfried Carbonell · Publié le · Mis à jour le
Le 7 janvier 2026, quatre bibliothèques universitaires (BU) de Lyon 1 ont rejoint le dispositif « Demandez Angela ». L'entrée est officialisée par l'adjoint à la sûreté de la Ville de Lyon, Mohamed Chihi. Un an après son extension à toute la ville, le réseau continue de grandir.
Ces lieux gratuits et ouverts à tous offrent un refuge aux personnes harcelées. Le harcèlement visé inclut celui lié au genre ou à l'identité, une avancée concrète pour les publics LGBT+.
Comment ça marche ?
Une personne harcelée dans la rue repère l'autocollant « Ici, demandez Angela » sur la vitrine d'un établissement adhérent. Elle entre et prononce le code « Angela ».
Le personnel formé la met alors en sécurité. Il lui propose une chaise, un verre d'eau ou un dépliant pour savoir vers qui se tourner.
La Ville définit ainsi le harcèlement visé :
« sexuel, en rapport avec l'identité, le genre, les convictions religieuses ou le handicap »
Ville de Lyon
Pour adhérer, les établissements suivent une formation gratuite de deux heures. Elle est animée par le Centre d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) ou l'association Filactions. Ils signent ensuite une charte d'engagement et reçoivent l'autocollant de vitrine.
Tous les lieux adhérents sont référencés dans l'application mobile gratuite UMAY. Elle propose une carte des signalements anonymisés.
Où en est le réseau un an après ?
Le dispositif a d'abord été expérimenté dans le 7e arrondissement de Lyon en juillet 2022. Fin 2023, la Ville a annoncé son extension à toute la ville. Elle commence par les centres commerciaux Westfield de la Part-Dieu et de Confluence.
Le 7 juillet 2025, la Ville signe deux partenariats. LPA Mobilités, le gestionnaire de parkings lyonnais, fait de ses parkings des lieux refuge. Les lieux sûrs rejoignent aussi l'application UMAY.
À cette date, la Ville déclarait près de 400 adhérents. Le réseau réunit commerces, bars, restaurants, hôtels, bibliothèques et musées. Depuis, d'autres lieux l'ont rejoint. Les quatre BU de Lyon 1 sont venues le renforcer :
- la BU Santé Rockefeller, 8 avenue Rockefeller, Lyon 8e
- la BU Éducation Croix-Rousse, 5 rue Anselme, Lyon 4e
- la BU Odontologie, 11 rue Guillaume Paradin, Lyon 8e
- la BU Gerland, 5 rue de la Doua, Villeurbanne
Ces lieux gratuits et non marchands offrent des refuges supplémentaires, notamment pour les étudiants. Les étudiants LGBT+ peuvent aussi se rapprocher des associations LGBT+ des campus lyonnais.
En 2026, le dispositif est toujours actif. La Ville de Lyon en a publié une brève de promotion le 17 juillet 2026. ONLYLYON Tourisme annonçait le 27 janvier 2026 une formation Angela prévue le 2 mars 2026 à l'hôtel de Ville.
LPA Mobilités déclare, au 16 février 2026, 22 de ses parkings opérationnels et 131 agents formés.
Les limites
Aucun bilan chiffré des mises à l'abri depuis juillet 2025 n'apparaît dans les documents publiés consultés pour cet article. Le manque de données chiffrées sur les LGBTphobies est analysé dans LGBTphobies à Lyon, ce que disent les chiffres.
Les établissements du 7e arrondissement avaient mis à l'abri « une centaine de personnes », selon Mohamed Chihi. Ce bilan remonte à l'expérimentation menée de 2022 à 2023. Les personnes accueillies étaient majoritairement des femmes âgées de 16 à 30 ans. Le chiffre n'a pas été actualisé depuis.
Dès 2023, Léna Aubertal, de l'établissement Trattino (58 rue Clément Marot, Lyon 7e), signalait une limite connue. Selon elle, le dispositif « n'est pas encore assez connu ». Une limite toujours d'actualité en 2026.
Aucune source ne signale d'établissement LGBT+ parmi les adhérents. Aucune ne nomme de lieu dans les quartiers de nuit. Rien n'apparaît dans les documents consultés pour la rue Sainte-Catherine ou le Vieux Lyon, hormis les parkings LPA.
Pourquoi c'est important pour les publics LGBT+
Le harcèlement visé par « Demandez Angela » inclut explicitement les situations liées à l'identité ou au genre. Pour les personnes LGBT+, ce réseau offre des refuges accessibles sans consommation obligatoire, comme les bibliothèques universitaires.
Ces refuges gratuits renforcent la sécurité dans l'espace public, un enjeu clé pour les publics vulnérables. L'ESSENCIEL a déjà confronté les engagements municipaux aux faits dans Lyon est-elle vraiment gay-friendly ?.
Illustration : affiche du dispositif Angela et UMAY (Ville de Lyon / ONLYLYON Tourisme et Congrès).
Illustration : parking couvert, un lieu refuge (Lyon Mag).
Ce que dit le communiqué de Lyon 1
Le communiqué officiel de l'Université Claude Bernard Lyon 1, publié le 8 janvier 2026, précise les conditions de l'officialisation : la rencontre s'est tenue le mercredi 7 janvier à 14 h, à la BU Éducation Lyon Croix-Rousse, sur le campus de l'INSPE Lyon. Y figuraient Mohamed Chihi, adjoint au maire délégué à la sûreté, et Aurélie Olivesi, chargée de mission Égalité-Diversité de l'université, représentant la présidence. Le texte indique que les BU de Lyon 1 implantées à Lyon ont formé leurs personnels avant l'entrée dans le dispositif, et inscrit cet engagement dans la charte développement durable et responsabilité sociétale (DD&RS) des bibliothèques de l'université.
Les pharmacies et l'Assurance-maladie rejoignent le réseau
Le réseau Angela s'est élargi en 2026 au-delà des commerces, parkings et bibliothèques déjà référencés à Lyon. « À Lyon et Montpellier, elles sont des dizaines » de pharmacies engagées dans le dispositif, indique la presse professionnelle pharmaceutique fin juin 2026, qui cite aussi 7 officines à Saint-Denis et 8 sur 9 à Charenton-le-Pont. L'Assurance-maladie participe également : le dispositif doit être généralisé à l'ensemble de ses accueils d'ici fin 2026.
Ces adhérences nouvelles élargissent le maillage des lieux refuges au-delà du périmètre municipal : les accueils de l'Assurance-maladie, comme les pharmacies, existent aussi dans les communes hors de Lyon, où le dispositif « Demandez Angela » reste porté par la seule Ville de Lyon.
Pour aller plus loin
Sources
- https://www.univ-lyon1.fr/actualites/les-bu-lyon-1-deploient-le-dispositif-%C2%AB-angela-%C2%BB-un-engagement-fort-pour-accueillir-les-victimes-de-harcelement-de-rue
- https://www.lyoncapitale.fr/actualite/harcelement-de-rue-les-bu-de-l-universite-lyon-1-se-dotent-du-dispositif-angela
- https://mairie3.lyon.fr/actualite/prevention-securite/angela-deux-nouveaux-partenariats-pour-plus-de-securite
- https://www.univ-lyon1.fr/actualites/les-bu-lyon-1-deploient-le-dispositif-%C2%AB-angela-%C2%BB-un-engagement-fort-pour-accueillir-les-victimes-de-harcelement-de-rue
- https://dpgs.info/actualites-du-22-au-26-juin-2026/
Lyonnais depuis 11 ans, j’ai créé et dirigé un site de rencontres LGBT+ pendant 16 ans, avant de prendre les rênes du XS bar. Toujours en contact avec les acteurs du milieu, je mets mon expérience et mon réseau au service de mon commerce dans la Presqu’île, où inclusion, convivialité et engagement sont au cœur de mon projet.
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