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PMA pour toutes : 5 ans après, des dossiers perdus au CECOS de Lyon

Cinq ans après la loi de bioéthique du 2 août 2021, la procréation médicalement assistée reste un parcours d'attente pour les couples de femmes et les femmes non mariées. À Lyon, le don de sperme se fait attendre, et l'accès aux origines bute sur des dossiers perdus au CECOS de Bron : 39 demandes de recherche d'origine déposées, 16 personnes sans identité de leur donneur.

Femmes enceintes posant ensemble
Femmes enceintes posant ensemble

Cinq ans après la loi de bioéthique du 2 août 2021, la PMA reste un parcours d'attente. PMA signifie procréation médicalement assistée. Les textes l'appellent aujourd'hui AMP, assistance médicale à la procréation.

À Lyon, le don de sperme se fait attendre. Le délai moyen national n'a pas reculé : 17,7 mois en 2025.

C'est le même niveau qu'en 2024, d'après l'Agence de la biomédecine.

La demande continue de croître. Le Monde et Basta! l'estiment multipliée par six depuis 2021. Ils s'appuient sur l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). RFI évoque, lui, une multiplication par huit.

Des demandes sans donneurs suffisants

L'Agence de la biomédecine recense plus de 12 000 demandes en 2025, pour un don de spermatozoïdes.

Elles viennent de couples de femmes et de femmes seules. En face, 1 015 candidats au don ont été recensés la même année.

  • 12 000 demandes enregistrées en 2025 ;
  • 1 015 candidats au don la même année ;
  • 380 candidats en moyenne avant la loi de 2021.

Les délais varient fortement selon les territoires, de 8 à 28 mois. L'Agence de la biomédecine documente des tensions ailleurs. Elles touchent l'Île-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté, la Nouvelle-Aquitaine et La Réunion. L'Auvergne-Rhône-Alpes n'y figure pas. Aucune source lue n'établit le délai actuel à Lyon.

À Lyon, le centre de Bron face à la demande

Le CECOS de Lyon dépend des Hospices Civils de Lyon (HCL). CECOS signifie centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme humain. Il se situe à l'hôpital Femme Mère Enfant de Bron. Adresse : 59 boulevard Pinel, 69500 Bron.

Il rejoint les autres structures de santé LGBT+ de la Métropole. Le dernier chiffre local disponible date d'octobre 2024.

Le service de Bron rapportait alors un parcours d'environ un an pour un don de spermatozoïdes. Comptez 18 à 24 mois pour un don d'ovocytes, selon la Tribune de Lyon. Le Dr Muriel Lopes, médecin au service de reproduction des HCL, alertait :

« Pour l'instant, on fait face à la demande, mais rapidement on va se retrouver à devoir rallonger les délais d'attente s'il n'y a pas rapidement de recrutement de donneurs et donneuses. »

Dr Muriel Lopes, HCL, citée par la Tribune de Lyon

La répartition des candidates lyonnaises était de 44 % de couples de femmes.

S'y ajoutent 38 % de femmes seules et 18 % de couples hétérosexuels. Près de 500 nouveaux demandeurs se sont inscrits en 2024, d'après la même source.

L'accès aux origines freiné par des dossiers perdus

La loi de 2021 a aussi ouvert l'accès aux origines pour les personnes nées d'un don. Elle lève partiellement l'anonymat des donneurs. Les demandes passent par la Capadd, la commission d'accès aux données non identifiantes et à l'identité du donneur.

Ce second volet bute à Lyon sur des dossiers non retrouvés. Sur 39 demandes déposées au CECOS de Lyon, 16 personnes n'ont pas obtenu l'identité de leur donneur.

La source : France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, en juin 2024. Le média Le Progrès confirmait des dossiers introuvables dès mai 2024. Des recours en justice étaient alors annoncés.

Des inégalités d'accès qui persistent

Cinq ans après la loi, des exclusions demeurent. Le texte réserve la PMA aux couples de femmes et aux femmes non mariées.

Les hommes trans restent donc exclus, relève Basta!.

D'autres critères créent des inégalités, selon l'âge ou la corpulence. Un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 35 est documenté comme un obstacle.

L'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) déplore un autre angle mort. Son antenne régionale figure dans l'annuaire des associations LGBT+ de Lyon.

L'association regrette qu'aucune recommandation ne traite de l'accès des personnes trans. Le rapport d'évaluation de l'OPECST, publié début juillet 2026, garde ce point en silence. Il formule 82 recommandations, dont 20 sur l'AMP, avance l'APGL. Notre guide de la rentrée associative recense les structures d'aide aux familles homoparentales.

Sources

  • https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/temoignage-mon-dossier-medical-est-perdu-don-de-sperme-des-centaines-d-enfants-toujours-dans-l-inconnu-2980646.html
  • https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/14/pma-avec-pres-de-dix-huit-mois-d-attente-en-moyenne-en-2025-les-delais-restent-longs-malgre-la-hausse-des-dons_6679797_3224.html
  • https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043884384
Ludivine Yael Publié le 29/08/2026 à 20:39 · Mis à jour le 01/09/2026 à 22:10

Je couvre les sujets LGBT+ pour Essenciel. Jesuis les actualités politiques, sociales et culturelles liées à la communauté depuis Lyon. Mes articles traitent aussi des enjeux locaux en Auvergne-Rhône-Alpes. J'interviens régulièrement sur les questions de droits et de représentations.

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